Voilà, Loki m’avait demandé de lui parler du Seigneur des Anneaux. il se trouve que j’aime ça et bon… j’ai vite écrit un petit truc de tête histoire de voire si ça peut lui convenir (ça te convient loki?) et je ne résiste pas à la vanité de le poster ici. de toute façon, dans le pire des cas, le post disparaîtra rapidement. J’essaye d’éviter la polémique et les fautes grossières mais si jamais….
Et Loki, si ça te va je continue ici ou en privé, si t’as des questions t’hésite pas…
Mettons-nous d’abord d’accord sur quelques points de départs. L’oeuvre du professeur se distingue par plusieurs aspects remarquables: l’érudition d’abord, qu’elle soit linguistique, mythologique ou généalogique, le caractère sacré de l’univers proposé ensuite, le profond maillage de références internes et externes ensuite.
Ainsi, pour parler superficiellement des conditions d’écriture du texte, commençons par la religion. Tolkien est un catholique anglais, ce qui est assez remarquable pour être noté. Bien moins marqué que dans les travaux de C.S. Lewis son ami, Tolkien reconnaîtra “inconsciemment puis consciemment” qu’il y a eu des inspirations (cit. sur wiki). Ce sera important quand nous reparlerons de symboles, Gandalf par exemple.
Ensuite, il y a la langue. Ce taré écrivait pour rire des poèmes imités du saxon. On parlera ailleurs de la façon dont il aurait crée Arda pour donner un cadre à ses langues, ce qui est quant même pousser loin la manie (il y a une jolie nouvelle, Feuille de Niggle, qui parle de la façon dont JRR voyait son travail). En ce qui nous concerne, retenons d’abord que le monde de la Terre du Milieu fut crée par des chansons et que les mots chantés conservent un pouvoir certain à l’époque du SdA, voir Tom Bombadil ou Sam devant Arachne. Retenons aussi que le livre est extrêmement écrit, le style, les mots même tant Tolkien est précis, sont essentiels. D’où aussi la masse de poèmes et chansons.

Trouvé sur: http://images.google.ch/imgres?imgurl=http://4e.img.v4.skyrock.net/4e6/tolkien/pics/78025148_small.jpg&imgrefurl=http://tolkien.skyrock.com/&usg=__Um6iXPX1NvN56nhKAieODArl22w=&h=400&w=312&sz=27&hl=fr&start=17&um=1&itbs=1&tbnid=tkk7k0ZuZ5OtJM:&tbnh=124&tbnw=97&prev=/images%3Fq%3DTolkien%26um%3D1%26hl%3Dfr%26client%3Dsafari%26sa%3DN%26rls%3Den%26tbs%3Disch:1
Ce serait une autre question, je n’ai pas fait le compte, mais le SdA est en partie un livre de l’oralité. Les discours rapportés sont nombreux et essentiels, le conseil, Gandalf à son retour, Merry et Pippin après les Ents… Ce qui pose la question de la pertinence de l’image (et donc du film) sur un tel travail. Soit dit en passant Tolkien a illustré lui-même une partie de son univers.
Reste encore deux questions et une constatation. La constatation, c’est que le professeur est alors un spécialiste reconnu des langues anciennes européennes (principalement celtiques et germaniques) ainsi que de ses mythes et premières chroniques (par exemple les chroniques saxonnes). On pourrait donc évoquer son cadre universitaire. Mais ce serait ennuyeux
La première question serait sur la guerre à laquelle Tolkien a participé. Quelle influence a-t-elle pris sur son travail?
La seconde serait sur le groupe de personnes, dont Lewis, qui l’entouraient pendant une partie de la rédaction de ses oeuvres. C’est une partie un peu polémiquante, donc nous n’allons pas nous y attarder.
Le premier point à relever sur le SdA, c’est son équilibre. Le livre commence où il se termine, chez les gens les plus simples en apparence, dans la Comté. Il se présente d’une certaine façon sous la forme du voyage, “Et bien, me voici de retour” dit Sam au moment précis où le livre s’achève. Il reprend ainsi une forme connue et efficace de la quête où le déplacement dans l’espace se conclut par un retour sur soi nécessaire après les épreuves-sacrifices et l’apprentissage-récompense de la période d’initiation qui est la période d’aventure.
“Histoire d’un aller et d’un retour”.
Le schéma initiatique de Jason ou d’Ulysse semblent de bons exemples d’autant que Frodon, dont Sam est peut-être un aspect dédoublé, prolonge le thème de l’errance comme Ulysses ne s’arête pas à Ithaque. Nous reparlerons plus bas de la royauté, n’oublions pas ce que deviendront les hobbits parmi les leurs.
Je continue. Bon j’ai bossé toute la nuit à surveiller une usine et ça fait gamberger. Et j’ai commencé cette réponse assez sec au fond. Donc reprenons.
J’ai découvert Tolkien il y a des années dans un de ces Albums des Jeunes qu’on trouve en abondance dans les chalets de montagne. C’était un extrait de Bilbo, la fameuse scène de la découverte de l’Anneau. Ça m’avait touché, pas marqué. J’avais pas dix ans.
Quelques années plus tard, je suis tombé sur le Livre, dans ma librairie. C’était le plus gros et je partais en vacances. Je devais avoir au plus 12 ans. Depuis, j’ai perdu le compte du nombre de fois où j’ai lu ce fichu bouquin. C’est le premier que j’aie lu en anglais, je continue à acheter l’histoire de la Terre du Milieu, publiée en français enfin, j’ai même vu la pièce de marionnettes géantes, excellente, montée par une bande de canadiens.
Et régulièrement, je m’installe près du feu, au fond de mon trou, je bourre une bonne pipe de feuilles de Longoulet et je relis quelques chapitres…
Ceci dit, pour revenir au sujet, il est point qu’il me semble essentiel d’évoquer avant tout. Il s’agit de l’Ordre d’Arda, c’est à dire de traiter rapidement la structure de l’univers dans lequel prendra place le roman qui nous intéresse. En effet, l’univers de Tolkien est décrit depuis sa création et cette création fait sens pour notre propos puisqu’elle met déjà en place le cadre du Seigneur des Anneaux. La figure essentielle est Eru, divinité éloignée qui crée d’abord des esprits. En chantant, c’est à dire en interprétant des thèmes donnés par Eru, ils donneront une forme au monde. Ensuite, utilisant un feu secret, Eru donnera réalité à ce monde. Au cours de cet instant de création, certains esprits, dont Melkor le maître de Sauron, s’élèveront déjà contre le projet d’Eru.
Les thèmes qui sont posés ici tournent autour de la liberté et établissent clairement un plan divin. Dès le début, le Bien est assimilé au Beau, le Mal au Laid mais aussi au vain, au vaniteux. La musique de Melkor est égoïste et vide. Voulant se détacher par orgueil de l’oeuvre du créateur. Eru, à plusieurs reprise, mêlera sa musique aux thèmes de Melkor, la rendant impuissante. Enfin, il annonce clairement que cette musique aussi apporte une beauté inconnue à la création, que même Melkor ne peut voir pour l’instant.
Avant d’aller plus loin, nous sommes ici devant la question théologique de la Prédestination, donc de la liberté, la musique étant sensé rendre compte du déroulement de toute la création du début à la fin des temps. Tolkien, tout en laissant percevoir ses inspirations catholiques, propose des concepts intéressants: d’une part la musique est interprétée, c’est à dire que la création est une oeuvre où le créateur met déjà à l’épreuve la liberté de sa création; d’autre part le créateur utilise les thèmes de celui qui n’est pas tout à fait son adversaire en les engloutissant subtilement dans les siens propres.
Par exemple Manwe et Ulmo, Seigneurs respectivement des Airs et des Mers, soumis après la réalisation du monde aux feux et aux glaces de Melkor, s’en joueront en découvrant les nuages et les pluies. De la pluie à la musique, il n’y a qu’un pas.
De plus, pour certaines raisons qu’il serait inutile de développer, chaque époque apporte son lot de surprise.
Cependant, une telle création ne peut déboucher que sur un monde extrêmement ordonné, même si Eru est très vite détaché d’Arda, la création. La nature n’est belle, dans la plus grande partie des oeuvres du maître, que justement lorsqu’elle est maîtrisée. Les jardins d’Aman, a l’ouest des mers, l’Anneau de Melian, Numenor, la Comté, Cerin Amroth en Lothlorien, mais d’une certaine manière aussi les architectures de pierre de Gondolin qui imitent le végétal, la nature la plus magnifiée est la plus maîtrisée, dans un sens cependant qu’on pourrait improprement appeler écologique car il s’agit d’une forme d’union intime plus que de maîtrise au sens industriel. Ainsi des Arbres Jumeaux Laurelin et Telperion, et de leur lumière sur Aman, de celui du Gondor, de l’Arbre qui abrite Galadriel. Ces quatre arbres essentiels méritent quelques mots.
Laurelin et Telperion, crées en partie par une danse divine, norment le temps.
L’arbre de Galadriel est une véritable cité.
L’arbre de Gondor reconnaît le roi légitime.
Comme on le voit une partie au moins des forces naturelles participent directement à la chanson du monde d’une façon peut-être pas organisée mais tout du moins cohérente et surtout harmonieuse. Ce qui nous renvoie encore à la musique originelle.
Il existe par contre des forces plus sombres. ( Tiens, on note déjà le champ lexical ténèbre/lumière, c’est clair mais bon…) En plus des ténèbres, elles héritent du grouillement, du fourmillement, ce sont les mousses et les bêtes qui rampent dans les premiers âges du monde, les hordes d’orcs mais aussi les Grands Vers, dont le nom n’est pas anodin. Nous reparlerons de cette création. Si Tolkien est assez malin pour laisser un échappatoire à Eru, ces forces chaotiques sont opposées clairement aux Seigneurs d’Arda, c’est à dire aux Valars, les esprits incarnés sur le monde et responsables de la création. En un mot: Morgoth veut se servir d’Arda à son propre compte.
Mais ceci nous entraînerait à parler des Enfants d’Iluvatar, l’autre nom d’Eru, à savoir le Elfes et les humains.
En fait, je vais parler deux minutes de Shub-Niggurath. Parce qu’afin de montre à quelle point la nature de Tolkien est téléologique (ça veut dire qu’elle a une finalité, fieu), autant prendre l’extrême inverse. Et Lovecraft propose justement un véritable panthéon sans cause, sans objet, sans but, contingent à l’humanité. Plus encore, il donne les adjectifs gluants, rampants, grouillants à des forces qui, même décrites par son pinceau déments, témoignent d’une vitalité biologique différente, non pas d’une nature ordonnée mais justement d’une fécondité chaotique et infinie dont la Chèvre aux milles chevreaux est le meilleur exemple. Enfin bon, y a d’autres spécialistes des bactéries qui pourraient s’étendre sur le sujet. Celui qui franchit la barrière, le sorcier, est souvent un personnage fascinant. De plus, les dieux lovecraftiens peuvent être compris comme des forces naturelles, par essence incompréhensibles à l’humain, hostiles par accident, presque par hasard. Elles sont cependant plus ancrée que l’humain dérisoire dans la substance du cosmos.
En face, le monde de Tolkien est conçu comme le berceau des Enfants d’Iluvatar. Il y a moyen de s’unir parfaitement avec le chant de la création et cette union est profitable. Tiens, un bon exemple pourrait en être la ligne ajoutée à la chanson des Ents concernant les hobbits. Melkor le Morgoth tente de se l’approprier par orgueil et cet orgueil dégénérant provoquera, en pervertissant la création, l’apparition des créatures du grouillement et le dysfonctionnement d’Arda. Si dans le plan cosmique transcendant d’Eru, ceci appartient à la musique, sur Arda c’est un autre problème. Car les Valars sont liés à la substance même de la terre. Or, tant que Melkor, puis Sauron existent, la création ne peut pas fonctionner.
Bref, tout ça pour donner une ou deux idées de fond. Là, on va passer à la partie SdA.
Auparavant encore deux-trois mots: j’ai pas de plan mais je vais suivre un bout l’histoire en commentant quelques thèmes comme la parenté, la souveraineté, l’initiation, le sacrifice… C’est dit un peu comme ça, je sais pas si ça a sa place ici mais bon au départ c’est pour Loki. Donc vu qu’au pire ça dérange pas grand monde… Et que Thouny a l’air d’apprécier…
Ah, j’ai pas vérifié tout l’orthographe et j’ai pas mis d’accent sur le vocabulaire du professeur.
Loki-Sama a dit: Merci Epiméthée ! Si effectivement, ça dérange personne, tu peux continuer ici… Moi, ça me va et c’est très intéressant !!
Pour l’histoire, j’ai demandé à Epiméthée de me causer un peu plus en profondeur du Seigneur des Anneaux, car je suis en train de le lire à mon futur bébé (attention, le premier qui rigole, je le verrai…), mais comme je suis une bille en litté (une sacré bille, attention, pas juste le gars qui fait pas d’effort), je reste souvent sur le premier niveau de lecture. Donc, là, comme c’est important pour moi, je voudrais faire quelques efforts Voilà voilà !!





avait demande de lui parler du seigneur des anneaux, euh ocmment ça ?
Loki est le surnom ‘un forumeur sur un autre site, j’ai pas pensé en rédigeant mais c’est vrai que ça fait étrange maintenant que j’y pense.